« J’initie des partenariats stratégiques au croisement de l’IA et du développement des soins de santé, avec le gouvernement et les ONG »

Lorsqu’Imagia s’est lancée dans la course pour la subvention Santé et Biosciences du Fonds stratégique pour l’innovation (FIS) du gouvernement canadien, le directeur général Frédéric Francis et le chef des affaires corporatives Alexandre Le Bouthillier mesuraient bien l’importance de poursuivre cette opportunité hautement concurrentielle. La jeune entreprise, alors en compétition face aux meilleurs joueurs canadiens dans l’industrie de la santé, cherchait à mettre en place une plateforme de découvertes et de santé numérique (PDSN). Cette technologie de pointe rendrait accessibles les informations cliniques des hôpitaux (tout en protégeant toutes les données dans chaque établissement) et utiliserait l’IA pour stimuler de nouvelles découvertes concernant les maladies les plus graves de notre époque. Au-delà d’une utilisation pancanadienne, ce modèle pouvait être repris dans le monde entier. Imagia cherchait donc une perle rare cumulant de fortes références dans l’industrie de la santé et une compréhension sans précédent de la complexité des affaires commerciales et gouvernementales s’agissant de soins des patients. Début 2018, Shelley a rencontré l’équipe d’Imagia par hasard, créant cette incroyable opportunité pour Imagia et le secteur de la santé en général.

L’instinct commercial de Shelley lui prédisait que l’industrie des soins de santé (secteur pharmaceutique, technologies médicales, hôpitaux et instituts de recherche) était promise à certaines turbulences. « Devant l’accumulation de facteurs pressurisant le système de santé, l’industrie est maintenant au pied du mur et doit trouver un moyen efficace de passer à des soins de santé pensés pour leur utilité » prévient-elle. En raison du vieillissement de la population et de l’augmentation consécutive des maladies liées à l’âge (telles que le cancer et la maladie d’Alzheimer), ainsi que du coût élevé des médicaments novateurs, la durabilité d’un système de santé complexe est remise en question. En somme, « c’est un peu comme si une tempête se préparait ». Shelley a peaufiné cette connaissance intime du milieu durant 23 ans de carrière chez Merck.

Elle comprend donc que pour que cette industrie puisse perdurer et rester compétitive, elle doit penser différemment : cela signifie aussi intégrer l’innovation technologique dans les modèles d’affaires.

Chez Merck, elle a conduit avec succès des collaborations commerciales de grande échelle à la fois sur le marché canadien et au niveau mondial, dans les domaines du diabète, des maladies respiratoires et des neurosciences, entre autres. Mais c’est après une demi-décennie à travailler avec les gouvernements sur les problématiques d’accès aux soins et de remboursement, pour les patients, qu’elle a changé d’état d’esprit.  Dans ce rôle, Shelley était aux premières loges pour observer l’effort monumental nécessaire pour mettre les médicaments entre les mains des patients. C’était stimulant d’apprendre comment son industrie peut travailler de concert avec les autorités pour améliorer la vie des gens. « Lorsque vous commencez à parler à différents intervenants qui peuvent avoir un impact significatif sur la proposition de valeur et qui peuvent s’unir pour résoudre les plus grands défis médicaux de notre époque, note-t-elle, c’est une toute autre conversation, aux perspectives grandement inspirantes. »

A ce stade, Shelley quittait Merck et n’envisageait pas un nouvel engagement professionnel aussi long mais souhaitait investir au mieux son savoir en matière de santé durable. Quitte à rejoindre une nouvelle entreprise, il lui fallait un projet révolutionnaire. Quand en 2018, a finalement eu lieu la rencontre avec M. Le Bouthillier pour en apprendre plus sur Imagia, « une ampoule s’est allumée », se souvient-elle. Il a brossé le portrait d’Imagia déployant le potentiel de l’apprentissage profond, à la croisée de l’IA et des soins de santé, pour améliorer radicalement l’issue des patients. « C’est exactement ce que je suis censée faire », se souvient Shelley. Elle a rejoint Imagia alors que le processus de demande de subvention allait croissant et a aidé à remporter la subvention de 49 millions de dollars destinée à la construction et au lancement du PNDS en partenariat avec l’Institut de Recherche Terry Fox. Elle représente maintenant Imagia dans ce consortium pancanadien composé de plus de 95 membres et pesant plusieurs millions de dollars.

« Co-diriger le PNDS avec nos partenaires est un privilège pour moi », déclare-t-elle. Bien que ce ne soit certainement qu’une initiative essentielle parmi bien d’autres au sein de l’entreprise, ce partenariat s’amorce sous de bons augures. « Prendre une part même moindre dans cette initiative majeure, approuvée par le gouvernement fédéral et dont profiteront des patients partout au Canada et ailleurs, est plus que ce que je n’aurais pu imaginer au début de ma carrière. »

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